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« Je peux aider, prioriser, signaler ce qui bloque. Mais je ne peux pas durablement faire le travail de deux personnes, voire plus, au prix de ma santé. »

Dans les établissements de santé et les structures médico-sociales, le manque de personnel est devenu une réalité quotidienne pour de nombreux agents. Absences non remplacées, postes vacants, difficultés de recrutement, augmentation de la charge de travail, rappels sur les repos, heures supplémentaires, changements permanents d’organisation : les agents sont régulièrement invités à « faire avec » et à trouver des solutions pour que le service continue de fonctionner.

Mais jusqu'où peut-on demander aux personnels de compenser les conséquences d'un sous-effectif ?

Cet été encore, le médico-social nous a donné un exemple concret   

Cet été, nous avons une nouvelle fois été confrontés à une situation révélatrice des conséquences du sous-effectif dans le secteur médico-social du GHBS.

Avec les congés estivaux, les absences et les difficultés de remplacement, les équipes se sont retrouvées en tension. Comme trop souvent, ce sont les agents présents qui ont dû absorber la situation : réorganisation du travail, priorisation des tâches, charge supplémentaire et pression pour maintenir malgré tout la continuité du service.

Cet exemple montre une nouvelle fois que ce sont les personnels qui servent de variable d'ajustement lorsque les effectifs ne permettent plus de répondre normalement aux besoins du service.

Et pourtant, ce fonctionnement ne peut pas être considéré comme normal.

Une équipe ne peut pas être durablement dimensionnée au minimum en comptant sur la capacité des agents à « tenir » lorsque surviennent les congés, les arrêts maladie ou les imprévus.

L'été ne doit pas être synonyme de dégradation programmée des conditions de travail.

Les congés des agents ne sont pas un problème d'organisation qu'il faudrait faire payer à ceux qui restent.

Les absences ne sont pas une faute des personnels.

Et le manque de remplaçants ne peut pas être systématiquement compensé par ceux qui sont présents.

Faire fonctionner le service ne signifie pas tout accepter

Lorsqu'une équipe est en sous-effectif, les agents présents font naturellement ce qu'ils peuvent pour assurer la continuité des soins et l'accompagnement des patients et des résidents.

Ils priorisent les tâches.
Ils s'entraident.
Ils réorganisent leur journée.
Ils prennent sur leurs pauses.
Ils acceptent parfois de rester plus longtemps.
Ils absorbent les imprévus.

Cette solidarité entre collègues est indispensable.

Mais elle ne peut pas devenir un mode permanent de fonctionnement.

Lorsqu'une équipe doit régulièrement faire le travail de deux personnes, voire davantage, ce n'est plus un simple effort ponctuel : c'est un problème d'organisation et de moyens qui relève de la responsabilité de l'employeur.

La bonne volonté des agents ne doit pas masquer le manque de moyens